<< Exprimer la peur de quelqu'un d'autre que soi est plus difficile qu'on le croit. Il faut s'imbiber du personnage de fond en comble ; son humour, son humeur, sa façon de voir les choses, sa vie ... Sans compter le décor, les personnages et les sensations, je pense que la peur est la pire chose à décrire. Surtout quand on a jamais connu ce genre de situation ( attentat, enlevement, ... ). Apprendre à connaître la peur, c'est la combattre elle-même. Apprendre à connaître la peur, c'est ne plus avoir peur d'elle >>.
- Franchement ! Toi, t'aurais fait quoi ?
Il y eu quelques secondes de silence durant lesquelles mon interlocuteur sembla réfléchir profondément.
- Franchement ? demanda-t-il.
J'hochai la tête.
- Je me serai barrée en vitesse.
Je regardai, avec un certain air blasé, la récéptionniste habillée en Dior. En plus d'être belle et bien habillée, elle a toujours raison. Sale blonde aux yeux bleus ! Monica, rien que son nom en disait long --' . Elle ouvrit un tiroir et un sortit une montagne de documents.
- Désolée Windy, mais je dois trier tout ça.
- Aucun problème, répondis-je. Je vais aller faire un tour ... heu ... dans ma chambre --' .
Je me séparai du comptoir et allai dans ma chambre, en traînant les pieds. J'ouvris mon armoire et vis mes vêtements à moitié rangés. Je lookai une seconde ma montre, 14h23, Aaron arrivait dans 1 heure pour << m'annoncer une bonne nouvelle >>. J'ai bien le temps de tout ranger. Je fis un 360 pour voir quel endroit le plus désordonné et vit l'armoire qu'Aaron m'avait interdit de toucher. Bon, je vais m'attaquer à mes vêtements ! Je repliai deux chemisiers puis tombai sur ma jupe préférée. Une jupe Jean-Paul Gaultier que je n'avais plus mise depuis des siècles ! Je me mis à rire toute seule en me remémorant le jour où je l'avais achetée. Je retirai mon vieux slim et décidai de tenter une approche avec le bout de tissu noir. Et, avec une chance inestimée, je glissai parfaitement dedans ! Puis je voulus fermer la fermutre Eclair mais ce fut là que ma tentative coinça -__-. J'eus beau m'acharner, je ne rentrais plus dans la jupe de mes rêves. Bah tant pis... T__T ... Ho ?! Si je la refilais à Monica ? Ouais allé ! Je remis mon slim et me dirigeai vers l'acceuil. Je tournai au coin du couloir et vit...
- OMG O_O
- Heuu..., fit la femme en repoussant l'homme dans ses bras
Ho ! :o
- Bah, Monica, c'est qui ça ? demandai-je, abasourdie.
L'homme avec qui Monica fricotait tira sur la veste de son costume et me tendit sa main que je serrai. Il secoua nos mains vivement - je faillis tomber - et se présenta :
- Je suis le directeur de cet établissement. Vous devez être Wendy ?
- Windy, rattrapai-je avec lassitude. Oui, c'est bien moi ^^' ! Bon, je vais vous laisser hein?
Je tournai les talons et partit à la vitesse de la lumière en oubliant de donner la jupe à Monica.
Fuyons >< !
˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛
- Je suis de retour ! lança une voix enjouée qui m'était à présent familière.
- Je ne suis pas partie ! répliquai-je avec un ton imitant ironiquement l'enjouement.
- Tu râles toujours ? demanda Aaron.
- Je suis juste *pause pour l'effet* STUPIDE !
- Tu sais, commença-t-il en enlevant sa veste. je ne pense pas que tu sois stupide. Si tu voulais vraiment partir, tu te serais enfuie pendant la journée...
- O_O !
J'y avais pas penséééé TT___TT
- Non non, fis-je avec un ton dérisoir. Je suis stupide --'
Il rit d'un rire claquant - j'en sursautai. Il se tourna vers moi avec une expression pétillante. Je le sens pas bizarrement. J'entendis un bruit sourd puis une sorte de raclement. Je me retournai pour voir... un pigeon écrasé à la fenêtre.
- Laissons crever cette sale bête U_U# ! suggéra Aaron.
Mauvaise expérience avec les pigeons ? OMG ! Le pigeon se releva et se mit à frapper avec son bec sur la vitre. Vous avez déjà vu un pigeon fixé quelqu'un avec un regard noir ? Moi, oui, celui-là !! Mais il est completement taré ! Je m'approchai de la fenêtre et toquai sur la vitre ; le pigeon s'envola.
- J'ai une surprise ! s'exclama mon ravisseur dans une vaine tentative de changement de sujet. Viens t'assoir !
Il se posa sur le lit. J'y allai aussi - veillant à aller bien à l'opposé, sur les coussins.
- On part ce soir ! On déserte le pays ! cria-t-il de joie.
Il y eut un silence. Puis je compris ce qu'il venait de me dire.
Je fus prise d'une peur panique. Ca devenait sérieux là. Ca voulait dire que j'étais réellement prisonnière. Je comprenais enfin pourquoi je n'avais pas encore eu peur depuis le début de mon enlevement. Je n'avais jamais été ''prisonnière''. J'avais toutes les libertés que je souhaitais ! Et maintenant qu'Aaron voulait qu'on s'en aille, je me sentais completement paniquée. Il prenait réellement en compte et au sérieux l'importance de ses actes. Même si les raisons de son choix - porté sur une stupide fille qui est ... moi - m'échappaient toujours, il fallait croire qu'il avait décidé de tout mettre en oeuvre pour les réaliser. Je fus prise d'un vertige. Ma situation critique me sauta alors aux yeux : je devais m'enfuir ! Mon corps fut parcourru de soubresauts et Aaron sembla se figé sûrement en voyant mon visage se vidé de son sang. A propos de sang, des visions de moi pendue, élécrocutée, noyée, décapitée, ... enfin, morte, m'occupaient l'entièreté de l' esprit. Si bien que je ne pus les retirer dans les abysses de mes souvenirs à oublier. Je commencai à étouffer par ma propre peur qui prenait le contrôle de mes muscles - à présent figés. Aaron eut beau me secouer et me parler, je ne bougeai plus et ne l'entendait pas. Mes yeux se portèrent à la fenêtre où je voulus sauter puis sur le doux visage de mon ravisseur en face de moi. C'est à ce moment qu'une bulle m'entoura, m'enferma dans ma peur, me confinant, hors d'atteinte de l'extérieur, prisonnière du vide. Ma respiration se coupa et il se retira, choqué. Puis jeta des regards vifs partout autour de lui, soudain empli d'un stress contagieux. Mes oreilles se bouchèrent. Je sentais dans mon dos des fourmillements, j'étais entièrement crispée et j'étais courbaturée de tout les côtés. Mon regard perdu dans le vide, je réussis à convaincre mes membres de m'assoir. Aaron poussa un soupir de soulagement en voyant que je m'asseyais de moi même. C'est seulement quand je sentis des gouttes tomber sur mes genoux que je remarquai que je pleurais. je pleurais même toutes les larmes de mon corps.
Commencant à comprendre d'où venait mon choc, Aaron s'accroupit et posa son menton sur mes genoux. Je l'aurai tout de suite repoussé, si j'avais pu. Il se mit à me parler calmement mais je ne comprenais rien de ce qu'il disait, j'avais le souffle coupé depuis trop longtemps. Ma vue se brouilla, puis un déclic surgit, j'entendis : " Je ne le fais pas pour rire". Mes poumons se remplirent d'air et je voulus hurler tellement cela faisait mal. je sentis le flot de mes larmes se calmer, j'essayai tant bien que mal de ne plus pleurer. Je sentais les mâchoires d'Aaron bouger sur mes genoux mais le bruit de mes propres larmes couvrait ses chuchotements. Le visage consterné, il se releva et se mit à faire les cent pas.
Si j'avais été normale, j'aurai eu peur dés le début, et pas me lier d'amitié avec mon ravisseur, plus beau tu meurs. La consternation du visage d'Aaron passa sur le mien, puissance mille. Je pris ma tête dans mes mains et me calmai tant bien que mal. Arrivant à peine à comprendre les excuses d'Aaron, je me rendis tout de même compte qu'il avait l'air bien con. M'avoir enlevé, m'avoir laissé faire tout ce que je désirais, et maintenant, il devait sans doute remarqué que cela avait été sa plus grosse erreur. A présent, la confiance qui s'était petit à petit installé venait de se réduire à néant.
- Ca suffit maintenant ! lança la voix sèche pourtant mielleuse d'habitude d'Aaron.
Je relevai la tête.
- Tu n'as pas le choix !
Il s'en alla d'un pas ferme vers l'armoire qu'il m'avait formellement interdit d'ouvrir et l'ouvrit lui-même. Je vis alors des tas et des tas de liasses de toutes les couleurs débouler sur le parquet. Mes yeux sortirent de leur orbite, ma mâchoire alla s'écraser au sol et mon corps fut comme ... je-ne-peux-décrire-cette-sensation.
- Voilà ce que je faisais pendant toutes mes journées, déclara-t-il en me montrant l'argent à terre.
Je ne savais que dire, que faire ; alors je ne dis rien, ne fis rien. J'étais bouchée bée. Mais ... combien avait-il volé ? Et à qui ? Ces questions me tapai sur le système mais me tourmenaient tellement que je ne savais les faire reculer dans les abîmes de ma conscience déchaînée. Aaron se pencha et entreprit de ranger les billets de différentes teintes dans des sacs. Je fus à nouveau prise d'une panique dingue. Avec autant d'argent, il veut aller loin. M'entendant commencer à respirer fort et part dose saccadée, Aaron se tourna vers moi et s'empressa de précisé notre destination.
- Calme, calme, calme ! Nous allons à l'Avenue Louise de Bruxelles !
Bru- Bruxelles ? Je tombai dos sur le lit, les bras grands ouverts et me mis à rire. Bruxelles ! Mais c'est le pays à côté ! J'étais tellement soulagée que j'en pleurais presque. Bruxelles, mais ce n'est pas loin du tout, ... Au moindre problème, je peux apeller mes parents ! Mais, Aaron m'avait volé mon gsm. Et le numéro de mes parents, vous croyez bien qu'après deux ans loin d'eux, je l'ai completement oublié. Je me relevai avec un léger sourire, Aaron me regardait avec un regard satisfait. Il s'approcha doucement de moi tout en déposant les sacs de voyage au pied de mon lit et déposa un baiser sur mon front. Puis murmura au coin de mon oreille :
- Je ne te laisserai pas partir... Tu lui ressemble trop : même sourire, mêmes réactions, même lueur dans le regard, et même odeur, termina-t-il en humant mes cheveux.
Je ne comprenait pas trop, je ressemblais à qui ? J'eus un léger frisson, qu'il perçut. Son regard avait changé, ses intonations étaient plus sincères, plus profondes. Je ne comprenais pas trop ce qu'il m'arrivait mais j'avouerai toujours que ce moment ne m'avait absolument pas déplu. Il sembla sourire puis déposa un autre baiser sur ma joue. Le contact de ses lèvres sur ma peau me fit sûrement rougir puisqu'il ajouta en caressant ma joue :
- Jolie couleur.
Il se redressa et se dirigea vers notre armoire. Je ne bougeais plus, trop gênée. J'en m'en voulais de rougir, je me serais frappée si il n'était pas en train de me féliciter d'avoir bien organiser l'armoire. Il prenait nos affaires et les entassaient dans deux autres sacs. Il compte y aller comment à Bruxelles ? On va pas dépenser un billet d'avion pour ça ?!
˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛˛
- Tu es prête ?
Il avait mis deux sacs de billets, et deux gros sacs de vêtements, sans compter mes deux valises Gucci, dans le coffre et sur la banquette arrière de sa Mercedes.
Je n'avais pas dit un mot depuis deux heures. Je n'allais me raviser maintenant.
J'hochai la tête.
- Alors on est parti ! lança mon ravisseur avec son enjouement habituel et consternant vu la situation.
Je secouai de nouveau le menton, m'obstinant à regarder dehors.
- Tu ne vas pas commencer à faire la tête pendant tout le voyage ! dit Aaron en me prenant le menton pour me tourner la tête vers lui. Tu devais tout de même t'y attendre à ce qu'on parte !
Non, je ne m'y attendais pas. C'est ce que je voulais répondre, mais les mots restaient bloqué au fond de ma gorge. Les adieux avec Monica avaient tout de même été dur. Je lui avait entre autre donné ma jupe sur laquelle elle avait sauté à bras ouverts. Elle avait été ma seule ''amie'' durant ses quelques jours. Aaron me lâcha le visage en voyant que j'étais très têtue. Je voulus sortir de la voiture mais il avait verouillé les portières. Je lui jetai un regard méprisant.
- A présent, la confiance est brisée des deux côtés ! lâcha-t-il avec un on qu'il voulait lui aussi méprisant.
Son yeux bruns, si noirs maintenant, et les veines qui tremblaient au niveau de ses tempes, me firent peur. Lui qui était si beau, je ne me doutais pas qu'il puisse être si méchant. Je le détaillai à nouveau : chemise, gilet à capuche, jeans. Rien dans ses habitudes vestimentaires n'avait changé. C'était dans sa tête que cela avait changé, cela ne me plaisait pas. J'aimais le Aaron gentil, gentelman, mystérieux. Pas celui qui livre tout par ses yeux furieux, celui qui livre par ses mots doux. Il mit la clef dans le contact et tourna d'un coup sec. Le moteur rugit, et voiture bondit sur la route. Je regardai par la fenêtre cette fois-çi. Je l'entendais parler de l'appartement qu'il avait acheté mais je m'en contre-fichait. Le jemenfoutisme dont je faisais preuve l'énerva et il se tut.
Après cinq minutes de route, il tourna la tête vers moi, je m'endormais presque alors qu'il n'était que 18h. Il dit tout doucement, remarquant sûrement que je somnolais, :
- On ira à l'université.
Je fus prise d'un sursaut, me redressant subitement sur mon siège. Université ? J'avais completement oublié ! Le beau gosse à côté de moi sembla amplement satisfait de ma réaction.
- Il faudra que tu me dises dans quelle branche tu veux aller, continua-t-il. Moi je vais en science, physique. Nous nous ferons passer pour la famille Croasword -je pense que c'était le nom de famille de mes voisins. Lucas et Abbygail Croasword.
**************************************************************************************
Voilàà =D
Vraiment désolée pour le retard --'.
Vous avez vu la petite subtilité de fin ? ^w^
Enfin, la suite ne devrait pas tarder .. UuU'
Merci & à bientôt =)